2- Evaluation de la prestation de l'exploitant
Les objectifs
š MESURE DE LA QUALITE D'ENTRETIEN
Le contrôle qualité, comme son nom lindique, doit dans un premier temps vérifier le respect des clauses techniques contractuelles, cest à dire vérifier que les engagements pris sont bien respectés. Dans le cas contraire, il doit évaluer les pénalités qui correspondent aux écarts.
Ce qui est vrai pour les clauses techniques lest aussi pour lensemble des procédures qualité qui même si elles ne concernent pas directement les équipements ont un rôle essentiel dans la mesure générale de la qualité.
De ce fait, il est important que le contrôle qualité soit perçu comme un instrument de motivation du personnel dentretien, et pas seulement comme une mesure répressive si le travail nest pas exécuté correctement.
š MESURE DE L'ETAT D'ENTRETIEN
La mesure de létat dentretien se différencie de la mesure de qualité par son aspect prévisionnel. En effet le second objectif du contrôle de maintenance est axé sur la valorisation de limmeuble et sa pérennité. Cest dans cette optique que sont faits les calculs de provision pour les grosses réparations, ainsi que la planification des travaux à réaliser.
La gestion des fonds de réserve de garantie totale rentre dans cette même perspective de vision à moyen et long terme.
On aboutit ainsi à deux conséquences importantes dans le souci de valorisation du patrimoine :
· la modélisation du vieillissement des installations et lestimation de la durée de vie des équipements.
· la possibilité dadapter la politique de maintenance en fonction des prévisions à terme.
Tout contrôle doit être effectué dans un référentiel défini à lavance pour permettre une comparaison éventuelle et servir darbitrage en cas de litige.
Les normes en vigueur pour telle ou telle installation doivent évidemment être respectées, mais le contrôle de maintenance doit aller plus loin en préconisant une réelle méthode de mesure et de contrôle.
La qualité du contrôle dépend directement de la mise en place dindicateurs, de procédures, dinstruments de mesure qui en garantissent lobjectivité et la répétabilité.
Dans ce cas, toute l'expertise repose sur l'expérience de l'expert. Il est donc difficile de réaliser une comparaison entre différents sites. Cette méthode s'applique principalement pour des patrimoines de petites tailles pour lesquels l'entretien est confié au technicien qui en a fait l'expertise. Dans le cas de patrimoine fortement homogène, il est encore possible d'appliquer cette méthode avec un risque d'erreur assez minime du fait de l'homogénéité.
L'expertise avec référentiel.
Le référentiel est connu et établi à l'avance, il servira pour l'ensemble des expertises effectuées sur le patrimoine. Cette méthode s'applique pour des patrimoines très importants et répartis sur différents sites. De ce fait, il est possible grâce à un référentiel commun de comparer les divers éléments et donc de prendre les décisions adéquates.
L'expertise fondée sur l'âge des ouvrages.
Cette méthode peut s'avérer très intéressante et surtout économique ( si les fichiers sont tenus à jour) pour des patrimoines importants, néanmoins, elle induit un fort degré d'imprécision de par son aspect général, qui ne prend pas en compte les spécificités individuelles. Elle est un bon outil de macro-gestion mais ne s'applique pas à une gestion fine et rigoureuse.
L'expertise fondée sur les travaux réalisés et à réaliser.
Très proche du carnet de santé des installations, cette méthode met en avant les aspects techniques au détriment parfois de la gestion. De ce fait, l'étalonnage est relativement délicat et la méthode ne peut s'appliquer que pour un patrimoine assez restreint. L'usage du carnet de santé est cependant des plus intéressants.
L'expertise fondée sur le rapport du montant des travaux à réaliser et de la valeur à neuf.
Par comparaison entre ces deux valeurs, on obtient un pourcentage qui définit l'état général des installations. Ainsi un "très bon état" aura une valeur comprise entre 4 et 8 %, tandis qu'un "état moyen" sera compris entre 14 et 18 %. Il en est ainsi jusqu'à plus de 33 %, valeur pour laquelle la réhabilitation s'impose. Cette méthode a l'avantage d'approcher le problème sous l'angle économique mais n'offre pas toujours un outil suffisant pour un suivi optimal.