Filtration de l'air en bloc opératoire et hôpitaux : ce que vous devez savoir
Les infections nosocomiales en milieu hospitalier ont une incidence qui varie entre 5 et 8%.
Parmi ces infections, on estime qu'à peu près 20% sont contractées lors d'un passage dans un bloc opératoire avec des conséquences pour les malades qui peuvent être irréversibles.
Face à cette problématique, la récente norme française NF S90-351:2003 relative aux "Salles propres et environnements maîtrisés apparentés" dans les établissements de santé apporte des recommandations pour la réalisation du projet, la construction et l'entretien des installations de traitement d'air.
L'accent est mis sur la partie bloc opératoire.
Dans les établissements de santé, les exigences de maîtrise de la contamination diffèrent selon les actes médicaux pratiqués, dans les zones affectées à ces activités. Pour répondre à ces exigences, la norme NF S90-351 indique qu'il faut au préalable réaliser une analyse des risques qui permettra de définir une classe de propreté particulaire appropriée aux besoins spécifiques de chaque zone.
Cette démarche conduit ensuite à déterminer le niveau de performance à atteindre pour l'installation et à faire le choix des équipements adapté aux actes pratiqués.
Du risque 4 (le plus élevé) au risque 1 (locaux non spécifique), chaque zone à risque va être classée et associée à un niveau de performances techniques à atteindre.
En ce qui concerne les moyens à mettre en œuvre, la norme s'est focalisée sur les régimes d'écoulement de l'air de la zone à protéger (Flux unidirectionnel ou non unidirectionnel), sur les taux de renouvellement de l'air de la salle et sur les aspects décontaminables des matériaux exposés.
Les blocs opératoires de type traumatologie, OPH, grands brûlés, chirurgies cardio-vasculaire, neurochirurgie…, sont typiquement classés en zone à risque 4. En effet, les interventions pratiquées dans ces blocs conjuguent les facteurs de risque liés à l'intervention (durée, complexité des actes…) aux facteurs de risque liés à l'état de santé des patients (âge, efficacité de l'antibiothérapie, état immunodéprimé…)
On retiendra que les zones à risque 4 doivent remplir les critères suivants :
- Classe particulaire ISO 5 (ISO14644-1)
- Classe de cinétique de décontamination particulaire CP10
- Classe bactériologique cible : B10
- Utilisation de matériaux facilement décontaminables
- Flux unidirectionnel
- Taux de renouvellement de la salle > 50vol/h