INVESTISSEMENT : UN CRU 2010 A 10 MDS€ ?

Publié le par FRITIH Mouffak

L’investissement en immobilier d’entreprise en France a-t-il enfin retrouvé sa dynamique d’antan ? Décongestionné à partir du 2e semestre 2009, le marché a renoué avec des volumes d’engagements rassurants pour les opérateurs : 3,5 Mds€ au dernier trimestre, contre seulement 900 M€ au 1er trimestre. La France a suivi ainsi le rallye haussier qui a démarré – comme souvent – en Grande-Bretagne et qui s’est propagé à l’ensemble de l’Europe.
Chat échaudé craint l’eau froide. Les conseils se montrent particulièrement prudents dans leurs prévisions. Lors de "l’Année Immobilière"Laurent Boucher, directeur général adjoint Investissement France chez BNP Paribas Real Estate Transaction, a estimé autour de 10 Mds€ les volumes d’engagements pour 2010. A comparer aux 8,4 Mds€ échangés en 2009. Plusieurs facteurs positifs sont avancés : détente des conditions de financement, masse record de liquidités, appétit des investisseurs en raison de la prime de risque sur la classe d’actifs immobilier. 
Quelques points noirs subsistent. Le caractère moutonnier des investisseurs, qui se focalisent sur des actifs sécurisés, risque d’assécher assez rapidement l’offre de qualité sur le marché. Le dernier survey de l’Inrev, l’association européenne des fonds non cotés, montre que 70 % d’entre eux ciblent des actifs « core » avec une espérance de rentabilité globale comprise tournant autour de 7 %. Le dernier rallye haussier en Grande-Bretagne a entraîné une forte compression des taux de capitalisation, au point même que certains observateurs comme Laurent Ternisien, directeur général d’IPD, redoute un « double dip ». Un scénario en W.
Surtout, une inconnue de taille obère aujourd’hui toute visibilité aux investisseurs : l’évolution des marchés locatifs. « Le retour du marché de l’investissement à un degré de liquidité normal, c’est-à-dire autour de 15 Mds€, dépendra du redémarrage des marchés locatifs », prévient Laurent Boucher. Une chose est sûre : ce n’est pas pour 2010. Pour le secteur des bureaux en Ile-de-France, Max Le Roux, le président de BNP Paribas Real Estate Transaction, anticipe un volume de demande placée compris entre 1,7 et 1,9 million de m², soit un niveau quasi-étale par rapport à 2009. Dans le même temps, il parie sur une poursuite de la hausse de l’offre à un an, alimentée par des libérations de grands utilisateurs, qui devrait se situer entre 5,1 et 5,4 millions de m². Autant de facteurs qui vont encore tirer à la baisse les loyers et impacter le niveau des valeurs vénales.

Publié dans News immobilieres

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